Les communautés de Coréens russophones en Corée du Sud. Apportent-elles le monde russe dans ce pays par leur présence ?
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Les communautés de Coréens russophones en Corée du Sud. Apportent-elles le monde russe dans ce pays par leur présence ?

Les communautés de Coréens russophones en Corée du Sud. Apportent-elles le monde russe dans ce pays par leur présence ?

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La Corée du Sud est l’un des deux pays d’Asie du Sud-Est que la Russie considère comme inamicaux. Vadim Akoulenko, chercheur à l’Université fédérale d’Extrême-Orient, qui étudie depuis déjà trois ans la diaspora russophone de Corée du Sud, dit s’étonner vivement que nous, ici en Russie, considérions ce pays comme terriblement russophobe. Les Coréens connaissent trop mal la Russie pour avoir une quelconque attitude à son égard, bonne ou mauvaise. Et ce, alors que le pays compte plusieurs dizaines d’enclaves de population russophone. Mais qui sont ces colons ? Et apportent-ils le monde russe dans ce pays par leur présence ?

Il y a quelques mois, le site de la fondation « Monde russe » a publié un article consacré aux communautés de Coréens russophones en Corée du Sud. Aujourd’hui, environ 120 000 Coréens russophones vivent en Corée du Sud ; ils sont originaires de Russie et des pays de l’espace post-soviétique — l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan. Les chercheurs contemporains qui étudient la diaspora coréenne dans ces pays écrivent dans leurs travaux que, lorsqu’ils vivaient encore en Extrême-Orient, les Coréens s’adaptaient volontiers à la société russe locale : ils apprenaient le russe, se convertissaient à la foi orthodoxe et adoptaient les rites et les traditions de la population russe qui les entourait. Sans pour autant oublier leurs racines nationales. Ils firent de même dans les pays d’Asie centrale, où les autorités soviétiques les avaient déportés dans les années 1930. Ainsi, tout en restant des Coréens de souche, ces gens ont intégré une multiculturalité à plusieurs strates et l’ont emportée avec eux dans leur patrie historique, la Corée.

Il existe en Corée du Sud quelque 6 à 7 grands centres d’implantation des Coréens russophones, et jusqu’à 30 si l’on compte les plus petits. Pourtant, les Coréens locaux ne se doutent souvent pas que les gens qui y vivent ont un quelconque lien avec la Russie. Les colons ont tout à fait les traits physiques nationaux et parlent coréen. Certes, ils ont quelques particularités : ils font frire des blinis et cuisent des galettes pour accompagner le plov, célèbrent une sorte de « Maslenitsa », leurs inscriptions sont en alphabet cyrillique (comme celles des Mongols d’ici, d’ailleurs !), et ils parlent souvent russe entre eux. Mais c’est sans doute leur dialecte. Les habitants sont convaincus que le plov, la samsa et le chachlik sont des plats russes d’origine, au même titre que la vodka. L’ours et la balalaïka complètent le tableau. Ce mélange d’images, de représentations et de symboles n’évoque en rien la véritable Russie pour les Coréens de souche. Et les compatriotes venus des pays de la CEI non seulement ne soulignent ni ne revendiquent leur « russité », mais souvent ne se reconnaissent eux-mêmes aucun lien avec notre culture. Seule la langue révèle qu’ils sont originaires de l’espace post-soviétique.

À ce jour, notre travail en Corée du Sud pour promouvoir le monde russe, la langue et la culture russes mérite tout juste la note de 3 moins. Nous sommes presque absents du paysage national : ni livres, ni actions marquantes, ni travail systématique auprès de la population russophone. Dans les écoles russes, le manque d’enseignants est catastrophique, ce qui complique considérablement l’apprentissage du russe pour tous ceux qui le souhaitent. Et ils sont nombreux….

Alla Cheliapina

Date de publication : 18 septembre 2025

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